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Fourgon, échelle, VSR et VSAV : les engins des sapeurs-pompiers

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Camion de pompiers rouge et blanc, coffres latéraux ouverts sur le matériel

Sur un feu d'appartement, le premier camion de pompiers engagé est presque toujours le fourgon pompe-tonne (FPT), avec six sapeurs-pompiers et 2 000 à 3 000 litres d'eau à bord. Le véhicule de secours routier et l'ambulance des pompiers complètent ce parc, chacun avec son gabarit et son permis.

Quatre familles d'engins couvrent l'essentiel des sorties : incendie urbain (FPT), feux de forêts (CCF), sauvetage en hauteur (grande échelle) et secours à personne (VSAV, VSR). Au-delà de 4,5 t, le conducteur sapeur-pompier détient le C1 ou le C, sans autre dérogation que celle de l'article R221-4-1 du code de la route.

L'engin qui part en premier sur un logement en flammes

Le fourgon pompe-tonne (FPT) reste l'engin de base de la lutte contre l'incendie en milieu urbain. La fiche d'un service départemental d'incendie et de secours (SDIS), mise à jour en mai 2022, en donne l'armement : un équipage de six (conducteur, chef d'agrès, deux chefs d'équipe et deux équipiers), un débit de 2 000 litres par minute à 15 bar, ou 1 500 selon les versions, une réserve de 3 000 litres et 200 litres d'émulseur, le produit qui forme la mousse contre les feux de liquides.

La même fiche fixe le gabarit maximal : 16 tonnes de PTAC, 8 m de long, 2,55 m de large et 3,30 m de haut, des cotes compactes pour intervenir dans des rues étroites et des cours d'immeubles. Par ses dimensions, il se rapproche des porteurs de distribution urbaine, dans un classement des camions civils qui va du porteur à la citerne. Les capacités diffèrent d'un département à l'autre : le SDIS du Puy-de-Dôme, dans un document de 2019, exige au moins 2 000 litres de réserve et six sapeurs-pompiers. À bord, l'équipage dispose de tuyaux, de lances, d'un extincteur pour les petits foyers et des appareils respiratoires, ce qui en fait le moyen le plus polyvalent du parc.

Le camion-citerne feux de forêts, conçu pour les pistes

Le camion-citerne feux de forêts (CCF) est conçu pour quitter la route et mener la lutte en zone rurale. Le SDIS de la Drôme décrit son modèle « super » (CCFS) : une citerne de 8 000 litres, un débit de 3 000 litres par minute à 15 bar, un PTAC de 26 t et un châssis 6x6, soit trois essieux tous moteurs pour progresser sur un terrain accidenté. L'équipage se limite à trois personnes.

La cabine de ces camions reçoit un dispositif d'autoprotection et une réserve d'air respirable, prévus pour le cas où le front de flammes rattrape l'engin. Ces engins avancent souvent en groupe de plusieurs citernes, sous la conduite d'un chef de groupe, et leurs conducteurs apprennent la conduite tout-terrain chargée, avec un centre de gravité haut et une eau qui ballotte dans la cuve.

Échelle aérienne et nacelle pour le sauvetage en hauteur

La grande échelle sert au sauvetage et à l'attaque du feu en hauteur. Les SDIS emploient des sigles différents : EPA pour échelle pivotante automatique, EPS pour échelle pivotante à actions séquentielles, appellation retenue par le SDIS du Puy-de-Dôme. Ce dernier l'arme de deux à trois sapeurs-pompiers et lui attribue des hauteurs d'intervention « principalement de 18 à 30 mètres et plus », avec ou sans nacelle.

Calée sur ses stabilisateurs, l'échelle automatique réclame une aire d'implantation dégagée au pied de la façade, d'où les voies réservées aux engins de secours devant les immeubles. Un véhicule garé sur cette voie retarde la mise en station.

VSR, VSAV et engins de soutien : le secours à personne

Le véhicule de secours routier (VSR) emporte le matériel de désincarcération : cisailles, écarteurs hydrauliques, vérins et calages pour dégager une victime d'un habitacle écrasé. Sur un accident routier, il travaille avec le véhicule de secours et d'assistance aux victimes (VSAV), l'engin le plus vu dans les rues. Certains départements combinent les deux premières missions dans un fourgon pompe-tonne secours routier (FPTSR).

Le VSAV n'est pas un poids lourd : le mémento du SDIS de la Drôme impose un PTAC inférieur à 3,5 t et cinq personnes au plus, victime comprise, pour un équipage de trois ou quatre sapeurs-pompiers. Autour de ces engins de premier départ gravitent des moyens de soutien : véhicule léger infirmier, chargé du soutien sanitaire des équipes et des soins aux victimes, véhicule poste de commandement pour coordonner une grosse opération, cellule mobile d'intervention chimique pour les fuites de produits dangereux.

Les chiffres relevés dans deux SDIS donnent l'écart de gabarit entre ces engins :

EnginMissionExemple relevé dans un SDISÉquipage
FPTincendie urbain3 000 l, 2 000 l/min à 15 bar, 16 t au plus6
CCFSfeux de forêts8 000 l, 3 000 l/min, 26 t, châssis 6x63
EPSsauvetage en hauteurde 18 à 30 m et plus2 à 3
VSAVsecours et assistance aux victimesmoins de 3,5 t, 5 personnes au plus3 à 4

Comment fonctionne un camion de pompiers sur intervention ?

Un camion de pompiers part au signal du centre de traitement de l'alerte, qui choisit les engins selon la nature de l'appel. Pour un appartement en flammes, le départ associe souvent FPT et échelle ; pour un accident routier, VSR et VSAV. Le chef d'agrès assure le commandement de l'engin pendant le trajet et sur place.

Sur le site, le conducteur cale l'engin, met la pompe en charge sur un poteau du réseau ou sur la réserve embarquée, puis alimente les lances que les binômes déploient vers le foyer. La connaissance du secteur et la navigation vers l'adresse pèsent sur le délai : rues étroites, ponts limités en tonnage et accès d'immeubles se repèrent à l'avance.

Priorité de passage et avertisseurs spéciaux

Les engins des sapeurs-pompiers font partie des véhicules d'intérêt général prioritaires définis par l'article R311-1 du code de la route, comme ceux de la police et de la gendarmerie. Quand ils signalent leur approche par leurs avertisseurs spéciaux, gyrophares ou rampe lumineuse et avertisseur sonore à deux tons, tout conducteur leur cède le passage (article R415-12), réduit sa vitesse et au besoin s'arrête ou se gare (article R414-9). Seuls ces véhicules portent des feux spéciaux bleus (article R313-27).

À propos de la couleur, le rouge reste celle que le public associe aux pompiers, mais en droit la priorité tient au statut du véhicule et à l'usage de ses avertisseurs, pas à sa teinte. Ces véhicules prioritaires échappent aussi au limiteur réglé à 90 km/h que la règle générale de la vitesse des poids lourds impose aux autres camions.

Dérogations en urgence : passages à niveau, tonnage et ceinture

L'article R432-1 du code de la route permet au conducteur d'un engin de secours de déroger aux règles de circulation lorsqu'il utilise ses avertisseurs spéciaux dans un cas justifié par l'urgence, sans mettre en danger les autres usagers. Les supports de formation des conducteurs d'engins rappellent les limites de cette dérogation :

  • les feux rouges clignotants des passages à niveau restent infranchissables ;
  • les limitations de tonnage et de hauteur des ouvrages s'appliquent : un fourgon de 16 t ne franchit pas un pont limité à 12 t ;
  • le port de la ceinture reste obligatoire depuis son poste de conduite.

La deuxième règle rejoint celle de tout poids lourd : les panneaux de gabarit et de masse sont détaillés avec les poids et dimensions autorisés.

Quel permis pour conduire un engin de sapeurs-pompiers ?

Un sapeur-pompier détient le permis prévu pour le véhicule qu'il conduit, comme n'importe quel conducteur. Une seule dérogation existe : depuis le décret n° 2019-1260 du 29 novembre 2019, l'article R221-4-1 du code de la route permet aux sapeurs-pompiers professionnels et volontaires, à certains personnels de la sécurité civile et aux membres des associations agréées de sécurité civile, titulaires d'un permis B valide et non probatoire, de conduire après formation les véhicules de mission dont le PTAC dépasse 3,5 t sans excéder 4,5 t. Un jeune conducteur encore en période probatoire n'y a donc pas droit.

Au-delà de 4,5 t, ce qui couvre le fourgon pompe-tonne, le CCF et les échelles, il faut le C1 jusqu'à 7,5 t ou le permis poids lourd C au-dessus. Ce permis s'accompagne d'une visite médicale chez un médecin agréé, à renouveler selon l'âge ; un sapeur-pompier traité pour une apnée du sommeil ou un trouble cardiaque en parle à son médecin traitant avant ce rendez-vous, car ces affections figurent parmi celles qu'examine le médecin agréé.

Racheter un ancien camion de pompiers réformé

Un camion de pompiers réformé par un SDIS repasse dans le circuit civil, et les plateformes de poids lourds d'occasion en affichent plusieurs centaines. L'acheteur récupère un véhicule ordinaire : gyrophares bleus et avertisseur deux-tons, réservés aux véhicules prioritaires par l'article R313-27, se déposent avant de circuler, et le permis suit le PTAC, C1 ou C au-delà de 3,5 t.

Collectionneurs et associations d'anciens engins entretiennent ces modèles. Les miniatures, du camion pompier jouet au modèle réduit de collection, reprennent les mêmes silhouettes : citerne, ambulance ou engin à nacelle.

Ce que le deux-tons change pour un chauffeur de poids lourd

Que doit faire un chauffeur de camion qui entend un deux-tons derrière lui ?

Un chauffeur de poids lourd ralentit, signale son intention et se range dès que la chaussée le permet, quitte à s'arrêter. Le deux-tons vaut avertissement : le code de la route lui impose de céder le passage et de faciliter la progression de l'engin. Freiner brutalement au milieu de la voie ou serrer à gauche dans un virage gêne plus qu'il n'aide.

Le permis B suffit-il à un sapeur-pompier volontaire pour conduire un engin lourd ?

Un sapeur-pompier volontaire titulaire du seul permis B ne conduit pas un FPT, dont le PTAC dépasse largement 4,5 t. La dérogation de l'article R221-4-1 vise les véhicules de mission de 3,5 à 4,5 t, après formation. Pour un fourgon de cette taille, le C1 ou le C est exigé selon la masse.

Les engins de pompiers peuvent-ils dépasser les limitations de vitesse ?

L'article R432-1 autorise les engins de pompiers à déroger aux limitations en urgence, avertisseurs en marche et sans danger pour les autres usagers. Hors urgence, ils respectent les règles communes. Même en urgence, passages à niveau, limites de tonnage et ceinture ne souffrent aucune exception.

Sources : code de la route, articles R221-4-1, R311-1, R313-27, R414-9, R415-12 et R432-1 ; décret n° 2019-1260 du 29 novembre 2019 ; Assemblée nationale, question écrite n° 7595 (16e législature), réponse du ministère de l'Intérieur publiée au Journal officiel le 24 octobre 2023 ; SDIS de la Drôme, mémento opérationnel départemental, fiches CCFS (juillet 2020) et transport de victime (décembre 2017) ; SDIS du Puy-de-Dôme, « Les engins d'incendie et de secours » (mars 2019) ; fiche FPT d'un SDIS (mai 2022).

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