Un camion de plus de 3,5 t roule avec trois pièces exigées par les textes : gilet haute visibilité, triangle de signalisation et extincteur à poudre ABC. L'équipement obligatoire du camion s'étend ensuite avec le transport ADR, la saison, la signalisation des angles morts et les documents du conducteur.
Le minimum légal pour tout véhicule de transport de marchandises de plus de 3,5 t : un gilet de sécurité facilement accessible depuis le poste de conduite, un triangle homologué, un extincteur de 2 kg, plus un second de 6 kg au-delà de 7,5 t. Le chauffeur en matières dangereuses ajoute cales, signaux autoportants, lampe et lot de bord ADR. La sécurité routière se joue aussi sur les autocollants d'angles morts et sur la carte conducteur.
Gilet haute visibilité et triangle de signalisation dans la cabine
Le gilet haute visibilité et le triangle de signalisation sont exigés dans tout véhicule à moteur carrossé, poids lourds compris, par l'article R416-19 du code de la route. Le gilet jaune reste à portée de main dans la cabine : le conducteur l'enfile avant de poser le pied sur la chaussée, pas après. Ce vêtement porte le marquage CE et la référence EN ISO 20471, classe 2 au moins : une veste de travail réfléchissante de cette classe remplit la même obligation qu'un gilet à bandes réfléchissantes. Le triangle porte le marquage d'homologation E 27R et se pose à au moins 30 m de l'obstacle, ou plus loin si un virage ou un sommet de côte cache le véhicule.
Sur un ensemble articulé immobilisé, le triangle va derrière l'arrière de la semi-remorque, jamais derrière la cabine : avec 16,50 m d'ensemble, l'écart compte. L'absence de l'un de ces équipements constitue une contravention de 4e classe, soit 135 € d'amende forfaitaire, minorée à 90 € en cas de paiement rapide. Un équipement présent mais introuvable au moment du contrôle relève d'une amende de 38 € au plus.
Combien d'extincteurs pour un camion de transport de marchandises ?
Les extincteurs sont obligatoires depuis le 1er janvier 1996 sur tout véhicule à moteur de transport de marchandises de plus de 3,5 t immatriculé en France, en vertu de l'arrêté du 2 mars 1995 modifié. Leur capacité dépend de la masse et de la silhouette du véhicule, tracteur routier, porteur ou ensemble. Un véhicule utilitaire de 3,5 t ou moins échappe à cet arrêté, alors qu'un porteur de 19 tonnes doit emporter un appareil de 6 kg.
| Véhicule mis en circulation depuis le 1er janvier 1996 | Extincteurs à poudre ABC exigés |
|---|---|
| Porteur de 3,5 t à 7,5 t | Un extincteur d'au moins 2 kg |
| Tracteur de semi-remorque roulant seul | Un extincteur d'au moins 2 kg |
| Porteur de plus de 7,5 t | Un extincteur d'au moins 6 kg |
| Ensemble tracteur et semi-remorque de plus de 7,5 t | 2 kg et 6 kg, le second sur le tracteur ou sur la semi-remorque |
Les véhicules mis en circulation avant le 31 décembre 1995 portent au moins 2 kg. Une réponse ministérielle de 2010 confirme la répartition habituelle : 2 kg en cabine, 6 kg dans un coffret extincteur extérieur au-delà de 7,5 t. Un appareil déchargé ou dont le plomb est rompu ne protège plus rien : le manomètre et la date de la dernière vérification entrent dans le tour du véhicule avant départ. La conformité du matériel incendie se lit sur l'étiquette (norme NF EN 3, classes de feu A, B et C) ; la plupart des transporteurs confient la vérification annuelle de ce matériel à un professionnel de la maintenance incendie, qui remplace aussi les appareils de plus de dix ans.
Transport ADR : extincteurs, cales et lot de bord du camion ADR
Le transport ADR, celui des marchandises dangereuses, relève de l'arrêté TMD et de l'accord européen ADR, qui imposent leurs propres extincteurs en plus de ceux de l'arrêté de 1995. Leur nombre et leur capacité augmentent avec la masse du véhicule ; la grille figure au chapitre 8.1.4 de l'édition de l'ADR en vigueur, en tonnes de masse maximale autorisée. Le camion porte en outre des plaques orange réfléchissantes à l'avant et à l'arrière, numérotées pour une citerne, et des plaques-étiquettes de danger selon le chargement.
Le paragraphe 8.1.5 exige au moins une cale de roue adaptée par véhicule : un ensemble articulé compte pour deux et emporte donc deux cales, selon le manuel de l'autorité britannique de sécurité au travail (HSE). Le même paragraphe demande deux signaux d'avertissement autoportants et, pour chaque membre d'équipage, un vêtement fluorescent, une lampe de poche, des gants et une protection des yeux. Selon les étiquettes du chargement s'ajoutent une pelle, un obturateur d'égout, un récipient collecteur proche d'un bac de rétention, un masque d'évacuation ou un liquide de rinçage oculaire.
Le chauffeur d'un camion ADR détient aussi son certificat de formation et les consignes écrites, rangées dans la cabine. Pour classer un chargement douteux, le conseiller à la sécurité de l'entreprise, que la réglementation TMD impose aux transporteurs et expéditeurs concernés, tranche : c'est lui qu'il faut consulter avant le départ, pas le chauffeur au bord de la route.
Documents obligatoires à bord et carte conducteur
Les documents obligatoires d'un camion forment une seconde liste que le contrôleur vérifie avec autant d'attention que les équipements. Le conducteur présente son permis de conduire de la catégorie C ou CE, sa carte de qualification, sa carte conducteur insérée dans le chronotachygraphe et les documents du véhicule : certificat d'immatriculation et attestation d'assurance.
- Pour le transport routier pour compte d'autrui : une copie conforme de la licence de transport et un document de transport, comme la lettre de voiture.
- Pour le temps de conduite : les enregistrements du jour et des 56 jours précédents, carte conducteur et éventuelles feuilles d'enregistrement comprises, depuis le 31 décembre 2024.
- Pour un convoi exceptionnel : l'arrêté d'autorisation, les panneaux « convoi exceptionnel » et les feux spéciaux.
Le passage annuel au contrôle technique du poids lourd vérifie, lui, l'état des extincteurs et de la signalisation fixe du véhicule.
Tracteur seul, triangle oublié, éthylotest : trois situations au bord de la route
Un tracteur routier sans sa semi-remorque a-t-il besoin d'un extincteur de 6 kg ?
Le tracteur routier roulant seul porte un extincteur à poudre ABC d'au moins 2 kg. Le second extincteur de 6 kg concerne l'ensemble de plus de 7,5 t et peut se trouver sur la semi-remorque : le tracteur dételé reste en règle avec son seul appareil de 2 kg.
Que risque un chauffeur contrôlé sans triangle ou sans gilet ?
Un chauffeur sans triangle ou sans gilet encourt une contravention de 4e classe : 135 € d'amende forfaitaire, 90 € en cas de paiement rapide. Si l'équipement se trouve à bord mais ne sort pas tout de suite, l'amende ne dépasse pas 38 €.
Un camion de marchandises doit-il avoir un éthylotest antidémarrage ?
Le camion de marchandises échappe à l'éthylotest antidémarrage, réservé à tous les autocars depuis le 1er septembre 2015 (le 1er septembre 2016 outre-mer) selon le ministère de la Transition écologique. Le règlement (UE) 2019/2144 impose seulement aux nouveaux camions des catégories N2 et N3, depuis juillet 2024, de faciliter sa pose ; un employeur peut en équiper sa flotte de sa propre initiative.
Signalisation des angles morts sur les côtés et à l'arrière
La signalisation des angles morts équipe depuis le 1er janvier 2021 les véhicules de plus de 3,5 t de PTAC, sur les côtés et à l'arrière (article R313-32-1 du code de la route). L'arrêté du 5 janvier 2021 en fixe l'emplacement : à l'arrière, à droite, entre 0,90 m et 1,50 m du sol, et sur les côtés dans le premier mètre avant du véhicule à moteur ou derrière le pivot d'une semi-remorque. Son absence est punie d'une contravention de 4e classe. Les véhicules agricoles et forestiers, les engins de service hivernal et les véhicules d'intervention des gestionnaires de routes en sont exemptés. Chaque système d'aide à la détection, rétroviseur ou caméra, se règle d'après les quatre zones d'angle mort d'un poids lourd.
Chaînes et pneus hiver en zone de montagne
Les chaînes et les pneus hiver deviennent obligatoires du 1er novembre au 31 mars dans les communes de montagne désignées par les préfets. Un porteur sans remorque détient des chaînes pour au moins deux roues motrices ou porte au moins quatre pneus hiver ; un ensemble avec remorque ou semi-remorque garde toujours des chaînes, pneus hiver ou non. Le gazole grand froid et la purge du circuit d'air par temps de gel complètent ces règles de saison.
Camion en panne : l'ordre des gestes avec l'équipement de sécurité
Un camion en panne sur la chaussée se sécurise dans un ordre précis, que l'équipement ne remplace pas. Le conducteur allume les feux de détresse dès l'arrêt, enfile le gilet de sécurité avant d'ouvrir la portière, descend côté accotement quand c'est possible, puis pose le triangle à au moins 30 m pour éviter le sur-accident, en marchant face à la circulation. Sur autoroute, le triangle n'est posé que si la manœuvre ne met pas sa vie en danger ; le chauffeur se met ensuite à l'abri derrière la glissière et appelle depuis une borne orange ou son téléphone.
L'extincteur sert sur un départ de feu de frein, de pneu ou de cabine : goupille retirée, jet à la base des flammes, dos au vent. Sur un feu de chargement ou de citerne, le chauffeur s'éloigne et prévient les secours, les petits appareils de bord ne sont pas faits pour cela.
Accessoires utiles mais non exigés pour les véhicules utilitaires et les camions
Aucun texte français n'impose de trousse de secours aux véhicules utilitaires ni aux camions de marchandises, hors lot ADR. Une trousse de premiers secours reste pourtant le premier accessoire que les transporteurs ajoutent, à côté d'autres éléments jugés nécessaires par les chauffeurs de longue distance, au même titre que le matériel de dépannage professionnel :
- un kit de secours avec couverture de survie et gants jetables ;
- une lampe torche rechargeable, en plus de la lampe exigée en ADR ;
- un marteau brise-vitre avec coupe-ceinture, fixé à portée du siège ;
- des câbles de démarrage adaptés au 24 V ;
- une roue de secours en état, quand le véhicule en porte une, et le cric correspondant.
Certains pays européens exigent pour leurs propres véhicules des équipements absents de la liste française : avant un trajet à l'étranger, la réglementation du pays traversé se vérifie auprès de son administration. Les autres accessoires de bord sont classés dans la rubrique équipement de cabine et GPS.
Sources : code de la route, articles R416-19 et R313-32-1 ; arrêté du 5 janvier 2021 sur la signalisation des angles morts ; arrêté du 2 mars 1995 modifié et réponses ministérielles aux questions écrites n° 71554 (JO du 29 avril 2002) et n° 66317 (16 mars 2010) ; ministère de la Transition écologique, « Sécurité et transport routier : éthylotests, pesage, arrimage, contrôle technique » (19 mai 2025) ; règlement (UE) 2019/2144, annexe II ; règlement (UE) 2020/1054 sur les enregistrements du chronotachygraphe ; accord ADR, sections 8.1.4 et 8.1.5 ; HSE, manuel sur le transport des marchandises dangereuses ; DDT du Territoire de Belfort, note sur le décret du 16 octobre 2020 (20 avril 2021).
















